Petit pays, grand potentiel. C'est ce que ne cesse de montrer la Suisse, encore et encore - y compris dans le domaine des start-up. Mais qui sont à l'origine des meilleures jeunes entreprises et portent l'innovation suisse dans le monde? Cette question a été posée à 100 experts du monde de l'entreprise. Les résultats récoltés par IFJ - Institut für Jungunternehmen - et le bureau de journalistes Niedermann ont donné naissance à "TOP 100, les meilleures start-up suisses 2011", un classement désormais disponible sous la forme d'une brochure en allemand et en anglais.
Près de 35'000 entreprises sont lancées chaque année en Suisse. Pour cette année, on s'attend même à enregistrer un record historique. Mais le développement d'une société ne s'improvise pas. Au niveau international, la Suisse est pointée comme le pays le plus compétitif et leader de l'innovation dans différents classements. Mais qui sont les jeunes entreprises prometteuses qui veulent marquer rapidement le monde de leur empreinte, ou qui le font déjà?
100 experts pour les 100 meilleures entreprises
C'est exactement ce que souhaitaient savoir IFJ et le journaliste et entrepreneur Claus Niedermann. Avec le soutien de la Commission pour la technologie et l'innovation CTI, la Fondation Gebert Rüf, l'OSEC et Ernst & Young, les partenaires ont initié un projet qui donne, pour la première fois, une vision complète de la scène de l'innovation et des start-up suisses. 100 initiés du monde de l'industrie, de l'investissement et du soutien aux jeunes entreprises ont été conviés à sélectionner leurs 10 start-up préférées, créées il y a moins de 5 ans et classées selon leur potentiel d'innovation et leurs perspectives entrepreneuriales. Les réponses ont été compilées pour établir la liste des 100 meilleures jeunes entreprises suisses, qui fait partie intégrante du magazine créé spécialement à cette attention et du site web www.startup.ch. Ce classement, réalisé pour la première fois en 2011, sera reconduit chaque année.
Le top 100 sur quelque 200'000 start-up
«Les sociétés sur le radar des experts ne représentent bien sûr qu'une petite partie des 200'000 start-up existant en Suisse depuis 2006. Mais cet enchantillon prouve que la Suisse dispose d'excellentes jeunes entreprises développant des produits innovants et disposant d'une excellente gestion", explique Beat Schillig, directeur général d'IFJ. L'attention des experts sollicités était certes focalisée principalement sur des entreprises technologiques ayant déjà finalisé des tours de financement ou ayant réussi à pénétrer leur marché, mais toutes les entreprises sélectionnées partagent un très grand potentiel de croissance et de succès.
Optotune en premier lieu
Au sommet du premier choix du TOP 100 start-up se trouve une société basée à Dietikon, Optotune, et une technologie révolutionnaire. Créée en 2008 par Manuel Aschwanden et Mark Blum, l'entreprise développe une lentille plus petite qu'un ongle et aussi performante qu'un oeil humain. Cette focale pourrait être utilisée par exemple pour équiper les caméras de téléphones mobiles, lesquelles restent à l'heure actuelle en deçà des performances des appareils photo numériques. La lentille déformable d'Optotune bénéficie d'un zoom optique jusqu'à trois fois et peut modifier la distance focale grâce à un réglage électrique intégré qui agit en quelques millisecondes. A la deuxième place du classement se hisse Dacuda, une société qui a réussi à placer sa souris-scanner chez le géant de l'électronique de loisir LG. Doodle complète le trio de tête avec son système de fixation de rendez-vous via le web, qui a séduit 10 millions d'utilisateurs. Le détail du classement est disponible dans le magazine téléchargeable sur le site www.startup.ch.
Beaucoup de spin-off de hautes écoles
Le TOP 100 donne un bel aperçu des projets entrepeneuriaux dont les racines se situent dans le milieu académique, et du succès du programme de soutien de la CTI au niveau national. Ainsi, une grande partie des entrepreneurs qui figurent dans le classement ont profité des programmes de formation dispensés par venturelab ou du coaching de CTI Start-up. L'idée de la souris-scanner de Dacuda a ainsi pris naissance lors d'un cours semestriel de venturelab à l'EPFZ. Fruit d'une initiative privée financée par des fondations, venture kick a également soutenu de très nombreuses entreprises qui figurent dans le classement au cours des trois dernières années avec un montant pouvant aller jusqu'à 130'000 francs de capital d'amorçage.
La Suisse n'a pas encore épuisé son potentiel
Le TOP 100 est un bel exemple du potentiel d'innovation élevé dans le pays et montre que la Suisse est un acteur de poids, comptant nombre de start-up excellentes, compétitives et capables de développer des produits répondant aux besoins du marché. Un préalable important pour sécuriser les emplois futurs et permettre l'émergence de nouvelles entreprises et technologies. Mais, selon Beat Schillig, il est encore possible d'améliorer la situation. «Il n'y a aucune raison de nous reposer sur nos lauriers. Si la Suisse veut exploiter son plein potentiel, alors il faut continuer à repandre le virus de l'entrepreneuriat, en particulier dans les universités, afin de promouvoir davantage de start-up innovantes et doubler le nombre de spin-off issus hautes écoles".